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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 15:32
Le camp de concentration du Struthof

Présentation :

Le Struthof a été un camp de concentration parmi le millier qui existait sous le pouvoir hitlérien. Il a également servi comme camp expérimental d'extermination. Il est difficilement imaginable qu'à une cinquantaine de kilomètres de Strasbourg, près de Schirmeck, sur le site de la belle vallée de la Bruche, en plein massif vosgien, les meurtriers nazis ont sévi dans toute l'horreur de leur projet infâme.

1. Un camp de concentration

Dans une Alsace annexée depuis juin 1940, Himmler ( chef haut placé pendant le troisième Reich et responsable des SS, police allemande ) décide le 3 mars 1941 de créer à proximité du camp d'internement de Schirmeck un "camp de travail" réservé aux "criminels notoires et asociaux" , opposants politiques ainsi qu’homosexuels et quelques juifs. Prévu pour 2000 détenus, il en contint jusqu'à 8000 à l'automne 1944 !

La première raison invoquée pour le choix du Struthof fut l'existence à 1 km de cet endroit d'une carrière de granit d'où les forçats devaient extraire les pierres destinées aux besoins des Allemands. Par la suite les déportés furent affectés à des travaux de terrassement et d'aménagement de routes. Les malheureux étaient laminés jusqu'à l'épuisement total.

Le ravin de la mort, gravure d'André Gayot, collection du musée du Struthof. CE DESSIN EST LA REPRESENTATION D'UN SS POUSSANT UN HOMME DANS « LE RAVIN DE LA MORT » ALORS QU'IL ETAIT CHARGE D'AMENER LES BROUETTES PLEINES DE PIERRES ET DE TERRE DEPUIS LA BUTTE A APLANIR JUSQU'AU RAVIN A COMBLER. LA SENTINELLE TIRE SUR L'HOMME CAR ELLE LE DECLARE ENTRAIN DE FAIRE UNE TENTATIVE D'EVASION.

Le ravin de la mort, gravure d'André Gayot, collection du musée du Struthof. CE DESSIN EST LA REPRESENTATION D'UN SS POUSSANT UN HOMME DANS « LE RAVIN DE LA MORT » ALORS QU'IL ETAIT CHARGE D'AMENER LES BROUETTES PLEINES DE PIERRES ET DE TERRE DEPUIS LA BUTTE A APLANIR JUSQU'AU RAVIN A COMBLER. LA SENTINELLE TIRE SUR L'HOMME CAR ELLE LE DECLARE ENTRAIN DE FAIRE UNE TENTATIVE D'EVASION.

Le travail d’esclave, gravure d'André Gayot, collection du Musée du Struthof.

Le travail d’esclave, gravure d'André Gayot, collection du Musée du Struthof.

La vie au camp :

La vie dans le camp, selon le témoignage des survivants, était rythmée par les réveils dans la nuit, les appels interminables, qui pouvaient durer plusieurs heures penant lesquelles les détenus devaient rester debout, les travaux insurmontables, la faim qui tenaillait les corps affaiblis, la promiscuité de tous les instants, la vermine envahissante et les sévices incessants. Ces mauvais traitements ont ainsi causés la mort de milliers de détenus.

 

Gravure d'André Gayot, collection du musée du Struthof.

Gravure d'André Gayot, collection du musée du Struthof.

Le camp comprenait 17 baraquements en bois étagés en 9 plates formes à flanc de coteaux communiquant par des escaliers. Il était entouré par un double réseau de barbelés et surveillé par 8 miradors. A l'extérieur, furent installées d'autres baraques et des ateliers tandis qu'une villa fut réquisitionnée pour le commandant.

 

Les prisonniers qui arrivaient en train jusqu'à la gare de Rothau devaient effectuer à pied les huit kilomètres qui les séparaient du Struthof, sous les coups et les hurlements d'une horde de SS. Il s'agissait d'abord de prisonniers de droit commun allemands puis de déportés de diverses nationalités (Polonais, Russes, Hollandais, Français, Allemands, Norvégiens...). Suite à la promulgation du fameux décret du 2 Février 1942 dit "Nacht und Nebel" (Nuit et Brouillard), désignant les prisonniers qui devaient disparaître au cours de leur détention, de tels convois arrivèrent au camp en juillet et décembre 1943.

Maquette présentant le camp du Struthof à l'époque de son fonctionnement, on reconnaît les baraquements installés à chaque étage du camp. Musée du camp du Struthof.

Maquette présentant le camp du Struthof à l'époque de son fonctionnement, on reconnaît les baraquements installés à chaque étage du camp. Musée du camp du Struthof.

Des exécutions publiques étaient données pour faire régner un climat de peur au sein du camp. Une fois l’éxécution finie les corps étaient brulés puis inhumés dans des fours crématoires, une fumée nauséabonde sortait de la cheminée.

La potence est visible de partout dans le camp. Elle est installée sur la place d'appel pour que les détenus assistent aux exécutions.

La potence est visible de partout dans le camp. Elle est installée sur la place d'appel pour que les détenus assistent aux exécutions.

Le four crématoire du camp du Struthof avant les travaux de rénovation du bâtiment crématoire.

Le four crématoire du camp du Struthof avant les travaux de rénovation du bâtiment crématoire.

2. Un camp d'extermination expérimental

 

Dans le cadre de la "solution finale" réservée au peuple juif lors de la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942 un traitement spécial devait être mis au point dans la phase finale de l'entreprise d'extermination systématique. Ainsi au Struthof, une dépendance d'un hôtel situé à proximité du camp fut transformée en chambre à gaz qui servit épisodiquement durant l'été 1943, époque au cours de laquelle fut également édifié un four crématoire.

Mémorial aux "martyrs et héros de la déportation" et la nécropole nationale.

Mémorial aux "martyrs et héros de la déportation" et la nécropole nationale.

3. La commémoration

Le camps central est évacue par les nazis en septembre 1944. Le 23 novembre 1944, le Struthof est le premier camp de concentration découvert par les allies a l’ouest de l’Europe.

Peu a peu, l’histoire du camp laisse place a la mémoire. En association avec la commission exécutive, l’Etat entreprend différents aménagements mémoire destinés à préserver ce lieu unique sur le territoire français.

Les anciens déportés, originaires de toute l’Europe, veillent aussi  à la préservation du souvenir de ceux qui, contrairement à eux, n’ont pas eu la chance de rentrer chez eux.

 Le 30 août 1944 avait commencé l'évacuation du camp vers celui de Dachau. Il sera finalement libéré par l'armée française le 23 novembre de la même année.

Le camp après la guerre : la guerre finie, le Struthof devient un centre provisoire de détention pour prisonniers de guerre et collaborateurs condamnés par la justice française. L'un des premiers directeurs de ce centre fut Jean de Poligny, alias capitaine Rivière, qui était un ancien résistant jurassien,

Aujourd'hui, le Struthof est devenu un lieu de mémoire pour que, d'une part, le souvenir des quelques 12000 martyrs qui y ont trouvé la mort par l'épuisement ou par les massacres, soit perpétué de génération en génération, et pour que, d'autre part, chaque visiteur puisse lancer en toute connaissance de cause cet appel : "Plus jamais ça !".

Quel contraste entre ce magnifique paysage de montagne et ce camp de l’enfer !

Quel contraste entre ce magnifique paysage de montagne et ce camp de l’enfer !

Ilham, Agathe, Miguel et Brandon.

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